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 Et si c'était un rêve? ( Romance )

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Yuna-Sama

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MessageSujet: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Dim 16 Oct - 10:19

Bonjour^^

Comme dit dans ma présentation, j'écris. Pour le moment, je dois avoir terminé 5 ou 6 romans lesbiens. Je me lance des défis toute seule et donc j'ai tenté la romance, la sf, le fantastique et la light novel ( roman manga pour celles qui ne connaissent pas ). Bref, aujourd'hui j'avais envi de vous donner le prologue d'une romance et si certaines apprécient, je pourrai poster des chapitres régulièrement. Je prends les critiques car c'est constructif, alors n'hésitez pas Wink



Prologue 


J'avais quatre ans lorsque je l'ai vu pour la première fois. Elle est arrivée dans un moment de ma vie où je me sentais terriblement seule. Mes parents n'étaient pas un couple heureux. Ils se disputaient souvent, pendant des heures. Alors j'attendais dans ma chambre, les mains sur les oreilles, recroquevillée dans un coin, en pleur.
Entre les hurlements de mon père, les bruits de vaisselles cassées, les sanglots de ma mère, dans tout ce chaos presque quotidien, sa petite voix s'était adressée à moi, moi, que personne ne voit jamais.
Belle comme un ange, j'ai d'abord été fascinée par ses longs cheveux dorés et ondulés qu'elle avait coiffé en deux larges nattes qui retombaient sur ses fines épaules. C'était la première fois que je voyais une blonde. Au Japon, c'est loin d'être courant et ma surprise ne s'arrêta pas là. Mon regard larmoyant se perdit dans ses grands yeux pleins de gentillesse. Ils étaient d'un bleu si pâle, presque grisé, que j'avais le sentiment qu'une rivière coulait en elle. Je me demandais alors, de quel pays pouvait venir cette petite fille.
‒ Je ne viens d'aucun pays, fît-elle.
Sa voix était douce, comme le bruit tranquille qu'une cascade qui s'écoule lentement. Cette fille de l'eau me semblait si différente, qu'il m'était impossible de croire qu'elle était comme moi.
‒ Tu viens d'une autre planète ? Demandais-je ébahie.
‒ Non plus. Je viens d'un monde que tu es seule à connaître, parce qu'il n'appartient qu'à toi.
‒ Je ne connais qu'un monde, la vie et il est pas joli.
‒ Je sais, reprit-elle avec douceur, et c'est pour ça que je suis ici, rien que pour toi. Je serai celle qui te verra, dans chaque moment où tu te sentiras invisible et seule.
‒ Alors tu vas rester toujours avec moi ?
‒ Tu ne seras pas seule toute la vie, mais je resterai jusqu'à ce que tu aies trouvé quelqu'un qui te vois.
J’acquiesçais pleine d'espoir. À cet instant, j'oubliais le monde dans lequel je vivais. Les cris de mes parents avaient disparu. Je me levais rapidement et invitais cette fillette à entrer dans mon monde :
‒ Tu veux que je te fasse visiter ma chambre ?
‒ Bien sur, Manaka !
J'étais étonnée qu'elle connaisse mon prénom et elle m'expliqua sans que je ne pose de questions :
‒ Je connais tout de toi.
À quatre ans, certains détails sont inutiles, je ne cherchais pas plus loin et demandais en prenant sa petite main dans la mienne :
‒ Comment tu t'appelles ?
‒ Je m'appelle Setsuna.
Son prénom me paraissait soudain évident, sans savoir pourquoi, pour moi, il était impossible qu'elle se nomme autrement. Naturellement, je l’entraînais vers mes poupées pour jouer avec elle. Au moment de me coucher, je pris un pyjama dans mon placard et lui en tendis un. Je ne m'inquiétais pas de savoir si elle devait rentrer chez elle et retrouver ses parents, non, ma seule préoccupation était de savoir si elle serait là à mon réveil. Setsuna me rassura sans que je ne demande rien :
‒ Je serai là à chaque fois que tu en auras besoin, Manaka.
Cette phrase suffisait à me rassurer et je m'endormais paisiblement avec ma nouvelle amie.
Setsuna avait tenu parole, car à mon réveil, elle était là, et depuis, elle ne m'a jamais quitté. À chacune de mes rentrées des classes, tandis que maman me laissait devant la grille pour aller à son travail, Setsuna restait avec moi. J'avais appris rapidement que mon amie n'était visible qu'à mes yeux, et tout au long de ma petite enfance, mes parents ne s'inquiétaient pas de m'entendre parler de cette amie, elle était pour eux, le fruit de mon imagination. Pour moi, la fille de l'eau était réelle et je me moquais bien de la vérité.
Lorsque j'avais dix ans, ma grand-mère décéda. Seule personne de ma famille à m'accorder beaucoup d'attention, je me sentais terriblement mal, mais je pouvais compter sur le soutien de mon amie. Et heureusement, car à la maison la situation entre mes parents devenait vraiment invivable. Ils ne se voyaient pourtant pas beaucoup, toujours au travail ou occupés par des affaires de grand, le temps qu'ils passaient chez nous n'était qu'un moment de plus à se disputer. Toujours dans ma chambre, je me réfugiais auprès de Setsuna.
L'année suivante, après une forte dispute, mon père prit ses affaires et quitta la maison sans même me dire un mot. Je suis restée raide comme un piquet sans vie devant la porte de notre maison, ma mère effondrée sur le canapé. Les cris cessèrent, remplacés par des silences. Mais Setsuna était là, comme toujours.
Si à quatre ans, me voir jouer et parler à Setsuna était banal, à la pré-adolescence cela devenait inquiétant. Je me souviens encore des mots de ma mère qui me disaient que je devais arrêter de jouer les petites filles et grandir. À mon âge il n'était plus permis d'avoir ce genre d'ami. Pour moi, c'était impossible, alors je tus son prénom définitivement, faisant mine de ne plus la voir. La fille de l'eau était mon secret et ma chambre, notre monde où l'on s'y retrouvait chaque jour avec impatience.
Au collège, alors que toutes les filles de mon âge pensaient aux garçons, sortaient entre copines, je vivais toujours chacun de mes moments de libre avec Setsuna. Personne ne s'intéressait à moi, beaucoup ignorait mon prénom, même dans ma classe. Étant tout de même une bonne élève, j'avais le rôle et le surnom de l'intello. Mais ça ne me dérangeais pas. Être populaire impliquait moins de temps avec mon amie et je ne le voulais pas.
Setsuna me connaissait mieux que personne, mieux que moi même. Elle savait reconnaître les moments où je me sentais triste, et elle passait de longues heures à me réconforter. Nous avions les mêmes goûts pour tout, si bien que nous étions toujours d'accord et jamais nous ne nous sommes fâchées.
Quelques années après leur divorce, mes parents ne se voyant presque jamais, j'apprenais à vivre sans mon père mais toujours accompagnée de mon amie. Les discussions avec ma mère étaient banales, on parlait beaucoup de mes études, mais rien de plus. Puis à mes quinze ans, papa rencontra une femme. Il était plus heureux, tellement heureux qu'il commençait à s'intéresser un peu plus à moi. Ce n'est qu'à cette période que j'ai commencé à vraiment créer un lien avec lui. Parfois il me proposait de venir passer quelques jours chez eux pendant les vacances, ou bien l'on se retrouvait un après-midi pour se balader. Maman, elle, était toujours si triste, qu'on ne faisait jamais rien ensemble, alors j'appréciais toujours passer un peu de temps avec papa et sa femme.
À la fin du lycée, où j'obtins mon diplôme avec mention, je me suis dirigée vers des études pour devenir bibliothécaire. Mon choix n'étonnait personne, et très vite, j'emménageais dans un petit quartier de Kyoto, pas très loin de mon travail. Je ne m'étais jamais imaginée vivre ailleurs que chez ma mère, mais heureusement, Setsuna est restée avec moi et notre petite vie à deux se construit jour après jour.
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Zunie



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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Dim 16 Oct - 11:15

Il est plein de poéise ton texte, je l'ai bien aimé. Merci Yuna-Sama.
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juju23

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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Dim 16 Oct - 17:57

Moi aussi, c'est une très jolie histoire très émouvante. Merci pour ce partage. =)
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Cham-Cham

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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Dim 16 Oct - 21:55

Moi aussi j'ai bien aimé ! Ca donne envie de connaître la suite... Wink
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Yuna-Sama

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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Lun 17 Oct - 11:04

Je vous remercie pour les compliments, c'est gentil. Je vous laisse le chapitre 1 si vous avez envie de lire la suite^^





1.


 Ma vie est réglée comme du papier à musique. Chaque jour de la semaine, je me réveille à six heure, je discute quelques minutes avec Setsuna, puis nous nous levons pour prendre le petit déjeuner. À sept heure, je prends ma douche, je m'habille, puis, selon le temps, je marche ou prends le bus pour me rendre à mon travail. Toute la journée, je range des livres, remplis les fiches d'emprunts sur l'ordinateur, renseigne des personnes sur un livre et où le trouver, puis à dix-sept heure, je rentre à la maison retrouver mon amie, la femme de l'eau. On parle de ma journée, même si elle est identique tout les jours, puis nous dînons. Enfin nous regardons un film ou nous lisons, puis nous nous couchons.
 Les week-end, je me lève à sept heure, le samedi, je fais le ménage, les courses de la semaine, je rends visite à maman, souvent je mange avec elle le soir, puis je rentre. Le dimanche, je me balade un peu le matin, puis je vais chez mon père et sa femme pour le déjeuner. Dans l'après-midi, je vais dans une maison de thé avec un livre, j'y passe deux heures et je rentre. Ça n'a rien d'exceptionnel, mais c'est ma vie et elle me plaît ainsi.
 Aujourd'hui pourtant, est un jour différent. Celui qui revient chaque année, ce jour que je n'apprécie pas vraiment, car il m'oblige à laisser de côté Setsuna, à parler de moi et de ma vie. C'est aussi le jour où mes parents se réunissent, et donc, l'ambiance est souvent très froide.
 Alors que je termine à peine d'enfiler ma robe violette, mes yeux perdus sur mon reflet dans le miroir, la voix de mon amie me dit :
 ‒ Et si tu attachais tes cheveux ?
 Je refuse d'un geste de la tête. Mes cheveux. Qu'en dire. Si Setsuna et moi nous ressemblons beaucoup dans notre personnalité, physiquement, nous sommes bien différentes. Tout d'abord, elle est blonde comme les blés, je suis brune comme le bois d'un noyer. Mes yeux, contrairement à elle, ne sont pas bleu, mais juste noir, si noir, que mon iris se confond avec ma pupille. Mes lèvres sont peu dessinées et d'un rose fade, tandis que ma peau est très légèrement sablée. Je suis tout ce qu'il y a de plus banal.
 À cette pensée, Setsuna fronce les sourcils :
 ‒ Tu n'as rien de banal. Et tu le saurais si tu osais sortir un peu de ta bulle.
 ‒ Mais j'y suis bien dans ma bulle.
 Elle se rapproche de moi, ses bras autour de mon cou, elle reprend :
 ‒ Je crois que tu as surtout peur d'en sortir. Mais ça viendra.
 Je n'ai pas le temps de répondre, que ça sonne à ma porte. Je jette un dernier regard à Setsuna dans le miroir. La fille de l'eau est devenue une femme magnifique. Ses yeux semblent si profond et j'aime me perdre dans ses océans paisibles. L'après-midi sans elle va être long.
 Lorsque j'ouvre la porte, mon père et sa femme, Kiyako, s'écrient avec bonne humeur :
 ‒ Joyeux anniversaire !
 Je rougis légèrement et les remercie avant de les inviter à entrer. Mon père, Hiroshi, est un homme nouveau depuis sa rencontre avec Kiyako. Mais malgré cette métamorphose, une chose reste inchangée, son appétit. Tandis que je les débarrasse de leurs manteaux, il fixe en direction de ma petite cuisine dans le fond de mon appartement, puis il me félicite :
 ‒ Comme toujours, ça sent rudement bon. Tu es une formidable cuisinière ma chérie.
 ‒ Merci papa.
 ‒ Je ne comprends toujours pas pourquoi tu es seule. Tu ferais le bonheur de tant d'homme.
 ‒ Hiroshi, ne commence pas avec ça. Laisse Manaka prendre le temps qu'il faut pour trouver le bon, reprend Kiyako en me souriant.
 ‒ Mais elle a vingt-cinq ans aujourd'hui. J'aimerai voir ma fille heureuse, amoureuse. Des petit-enfants, je veux des petit-enfants !
 Voilà un sujet qui me met toujours mal à l'aise. Des enfants, moi, Manaka, la fille qui n'a qu'une amie que personne ne voit. Impossible. Rien que l'idée de sortir avec un homme est in-envisageable. Que ferait Setsuna pendant ce temps.
 « Je me réjouirai pour toi Manaka. »
 Ces mots me parviennent, sans être entendus par mon père et sa femme. Je détourne les yeux pour croiser son regard quand la sonnette retenti de nouveau. Sans surprise, je découvre ma dernière invitée, ma mère. Avec moins d'enthousiasme, elle me souhaite :
 ‒ Bon anniversaire, Manaka.
 ‒ Merci maman, entre, je t'en prie.
 Ma maman, Yachiru, entre en saluant de la tête mon père et Kiyako. Étrangement, si avec mon père ça reste toujours froid, elle semble apprécier la nouvelle femme de papa.
 Les salutations faites, je retourne en cuisine suivie de mon père, pour vérifier que rien ne brûle. Papa à l’œil partout et il semble très content du repas que je m'apprête à servir. Je sors mon plat du four pour le laisser refroidir un peu, et propose de prendre un apéritif en attendant.
Un verre de saké au litchi à la main, mes parents me souhaitent de nouveau un joyeux anniversaire, on trinque, puis après la première gorgée, mon père propose d'ouvrir mes cadeaux. Il semble très impatient.
 Je m'installe sur un fauteuil en face du canapé et je reçois mes cadeaux. Papa me tend rapidement un paquet. De forme rectangulaire, je devine un livre sous le papier brillant. Je dois avoir une bibliothèque deux fois plus grande que mon placard à vêtements. Je suis une vraie passionnée de lecture. Je lis énormément de romance, mais ce que je préfère, ce sont les vieux ouvrages sur les légendes.
 Lorsque je sors le livre de son papier, je découvre avec surprise que mon père me connaît vraiment bien. Il m'a offert une édition très rare de la légende de Shisa, les lions gardiens d'Okinawa. Je suis très touchée par ce cadeau que je dévore des yeux. Il me tarde même de pouvoir le lire, mais pour l'heure, je remercie chaleureusement mon père et Kiyako.
 Puis vient le moment d'ouvrir le cadeau de ma maman. D'ordinaire, elle m'offre un vêtement, mais cette année, le paquet me semble bien trop petit pour ça. De plus, l'emballe est une petite boite en bois sculpté. Ne sachant pas du tout à quoi m'attendre, j'ouvre la boîte avec curiosité. Je découvre dans celle ci, un ancien pique à cheveux orné de perles légèrement transparentes, de couleur rose, blanche et violette. Ma mère, d'un ton que je ne connais pas, m'explique :
 ‒ C'est dans notre famille depuis très longtemps.
 Mon père se rapproche de moi, il semble reconnaître l'objet, mais il ne dit rien et laisse ma mère continuer :
 ‒ Chaque femme de notre famille portait ce pique à cheveux pour leur mariage. Ta grand-mère m'en avait fait cadeau, lorsque j'ai épousé ton père. Aujourd'hui, je crois qu'il est temps de te l'offrir.
 Ma mère semble la seule à comprendre que je n'envisage pas de me marier. Au fond de moi, je ne sais pas vraiment si ça me ravie ou me rend triste. Mais elle reprend :
 ‒ L'amour est une chose merveilleuse, Manaka. Il a le pouvoir de t'emporter dans un monde bien à lui, un monde mystérieux. Il peut t'aider à t'ouvrir vers d'autres mondes, celui de la famille, des amis, ou d'une personne unique. Cet amour ne ferme aucune porte vers ces autres mondes, car le bonheur n'existe que dans le partage.
 Les mots de ma mère me touchent. Elle qui est si taciturne normalement, j'ai presque le sentiment qu'elle s'en veut. Oui, c'est ça. L’intonation de sa voix que je ne parvenais pas à reconnaître est chargée de culpabilité. Pourtant, je ne lui en veux pas. Je sais qu'elle était triste, et malgré ça, elle a toujours été une bonne mère. Je ne sais pas comment réagir, la prendre dans mes bras serait sans doute la meilleure chose à faire, mais j'ai tellement peu l'habitude de ce genre de chose que j'ai peur de le faire. Heureusement, mon père est là. D'un ton décontracté il reprend :
 ‒ Tu aurais vu ta maman le jour de notre mariage, elle était magnifique. Tu lui ressembles énormément.
 Je suis surprise d'entendre mon père complimenté ma mère, eux qui ne se sont toujours que déchirés, c'est agréable.
 Tout au long du repas, pour la première fois de ma vie, j'ai vu mes parents heureux. Ils ont parlé et ri en se remémorant le passé. Tout les trois on discuté de leur vie, de leur travail, ils imaginaient mon avenir, c'était tellement chaleureux, que je m'y suis sentie bien. Oui, c'était vraiment un bel anniversaire. Mon seul regret était de n'avoir pu partager ce moment avec Setsuna. Bien qu'elle n'était pas loin, elle fait parti d'un monde unique, fermé aux autres.
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Yuna-Sama

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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Mar 27 Déc - 19:42

2.


 En reprenant le travail lundi matin, j'étais heureuse du week-end que j'avais passé et pourtant songeuse. Derrière mon ordinateur, je repensais à ce que ma mère m'avait dit. Saurait-elle que je n'ai jamais abandonné Setsuna, m'enfermant ainsi dans un monde qui nous est propre. Si c'est le cas, elle m'encourageait sûrement à mener une vie plus ouverte vers le monde extérieur, le vrai monde, où tout ne se passe pas aussi bien qu'avec mon amie de toujours. Et pourquoi y aller, dans ce monde. Quand je vois la solitude et la tristesse dans laquelle vit ma mère, ça ne me donne pas envie, pas du tout. Je préfère de loin ma vie illusoire. Il n'y a peut-être rien de fantastique, mais je ne suis ni seule, ni malheureuse.
 Cela fait vingt-et-un ans que je suis avec Setsuna. Pas un jour ne passe sans qu'elle ne soit là, près de moi et sa présence est si agréable. C'est grâce à elle d'ailleurs que je ne suis pas comme ma mère et je n'arrive pas à imaginer une vie, non, un jour même, sans la voir. Parfois, je me demande si je ne suis pas folle, mais de ce que j'ai lu dans certains livres psychologiques, les fous, ou plutôt personnes délirantes, qui ont des hallucinations, ne sont pas conscients de leurs délires. Or moi, je sais qui est Setsuna. Je suis parfaitement consciente que c'est moi qui lui donne vie. Je ne sais pas si la vie que je mène avec elle a un nom scientifique, mais ce qui est sûr, c'est que personne de normal ne comprendrait mon monde.
 Tandis que je réfléchis, une voix féminine à l'accent étranger s'adresse à moi :
 ‒ Bonjour. Je recherche un guide de la ville, traduit en français. Est-ce que vous auriez ça par hasard ?
 ‒ Bonjour, répondis-je timidement. Le temps de regarder dans mes fichiers et je vous dis ça.
 ‒ Merci !
 La jeune femme, visiblement française, est accoudée sur le comptoir devant moi, ses yeux bleus m'observent avec insistance. Cela me met très mal à l'aise et j'en perds mes moyens. Après plusieurs minutes de recherches, je trouve enfin un ouvrage qui devrait lui convenir. Malheureusement, il est emprunté par une autre personne. Je relève les yeux pour m'adresser à la jeune femme, mais lorsque je veux parler, son regard me bloque.
 Les étrangers sont si familiers contrairement aux japonais. C'est tellement troublant, mais je suppose que c'est dans leurs habitudes. La française doit sentir ma gêne, elle se redresse et d'un ton presque honteux, ses yeux tombant sur le comptoir et une main derrière la tête, elle fait :
 ‒ Vous n'avez pas ! C'est pas de chance. C'est la troisième bibliothèque que je fais et je ne trouve pas ce que je cherche. Enfin … je vous remercie !
 ‒ Non, ce n'est pas ça. Enfin, nous avons ce que vous cherchez, mais il est déjà emprunté. Je suis désolée.
 ‒ C'est vrai ! Mais c'est super ! Est-ce que vous savez dans combien de temps il pourra être disponible ?
 Je vérifie rapidement la date d'emprunt et explique que d'ici une semaine le livre devrait être rendu. La jeune femme me demande alors :
 ‒ Super ! Alors je reviendrai mardi prochain. Est-ce que vous pourriez me le mettre de côté s'il vous plaît ?
 ‒ Bien sur. Je vais me faire une note pour ne pas oublier. Pourriez vous me donner votre nom s'il vous plaît ?
 ‒ Ouep ! Mademoiselle, Guérin Charly.
 ‒ Gue … Guer … bégayais-je sans parvenir à répéter son nom.
 La française rit discrètement en me disant :
 ‒ Pas facile.
 ‒ Pardon, je suis vraiment désolée.
 ‒ Oh non, ne vous excusez pas, ce n'est pas grave, et j'ai l'habitude. Donnez moi votre papier, je vais vous l'écrire.
 Je m'exécute, honteuse, puis lorsqu'elle me rend mon post-it, je remarque qu'elle a inscrit son nom et son prénom à la française, mais également en katakana. C'est une gentille attention et après une meilleure prononciation, je l'en remercie et ajoute :
 ‒ Je mets le livre de côté dès son retour, promis !
 Mademoiselle Guérin m'offre un grand sourire et un clin d’œil avant de repartir. Je me rassoie rapidement sur ma chaise, les joues rosies par cette rencontre. Cette française est tellement différente des japonais, et même si elle fait un peu familière, je l'ai trouvé drôle.
 Tandis que je repense à la jeune femme en me disant que j'aurai enfin quelque chose de nouveau à raconter à Setsuna, ma patronne vient me voir. Madame Yamamori, est une femme d'une cinquantaine d'année. Mariée depuis vingt ans, maman de deux enfants, c'est une femme discrète et très douce. Elle m'offre régulièrement un thé à quinze heure et elle saisi le moment pour me demander :
 ‒ Manaka, quand as-tu pris des vacances dernièrement ?
 Je réfléchis sans parvenir à m'en souvenir. Les vacances, ce n'est pas quelque chose auquel je tiens. Madame Yamamori me dit amusée :
 ‒ Oui, il y a bien longtemps. C'est pourquoi tu seras en vacances les deux dernières semaines de ce mois.
 ‒ De ce mois ci ? Demandais-je déçue.
 ‒ Oui, ce mois ci. Tu préfères une autre date ?
 ‒ Non pas vraiment, mais c'est bientôt les fêtes de fin d'année, et je prends déjà une semaine pour cette occasion.
 ‒ Et bien, tu auras le temps de faire tes courses à l'avance cette année.
 Je ne répondis rien de plus qu'un « Oui madame Yamamori » qui laissait trahir mon désarroi et la fin de ma journée de travail fût bien ordinaire.
 De retour à la maison, Setsuna me saute dessus. Le temps de déposer mon manteau, de retirer mes chaussures et je m'installe sur le canapé avec elle. Dans son regard bleu rivière je lis de la curiosité. Bien que je sache pourquoi, je passe directement au sujet qui me préoccupe :
 ‒ Madama Yamamori m'a donné des congés, Setsuna.
 ‒ C'est bien ! Tu vas avoir le temps de te reposer et de t'occuper de toi.
 ‒ Deux semaines, Setsuna.
 ‒ Je sais ! Ça va être super. Tu pourrais en profiter pour sortir, rencontrer du monde.
 ‒ Je n'ai pas envie de sortir. Je suis bien avec toi.
 ‒ Tu aimes être avec moi, parce que tu n'as que moi. Puis, je ne suis jamais loin.
 Elle a raison, et pourtant ce n'est pas pareil. Lorsque je sors, je ne peux pas parler avec elle, ni la prendre dans mes bras. Ça n'a rien d'agréable de devoir me retenir. C'est avec elle que je vis réellement les choses, et malheureusement, en dehors de la maison, je ne le peux pas. C'est si frustrant. Bien souvent, lorsque j'y pense, ça me rend triste. Malgré ce que je fais avec elle, je ne peux jamais en parler à mes parents, ou à madame Yamamori. Je passe pour une femme seule qui ne fait rien de sa vie à part lire des bouquins. Comme j'aimerai parfois raconter que je me suis promenée dans le parc avec Setsuna, que nous avons pique-niqué à l'ombre des arbres, ou bien que nous avons été au cinéma. Mais rien, je ne peux rien dire de tout ça. Je ne peux partager mon bonheur avec personne, et de toute façon, personne ne comprendrait mon bonheur.
 Devant ma moue de tristesse, mon amie me réconforte :
 ‒ Viens dans mes bras Manaka, ne sois pas triste. Je n'aime pas te voir ainsi. S'il te plaît. Et si tu me parlais plutôt de cette française, Charly. Elle a l'air gentille.
 ‒ Elle te ressemble un peu. Tu es certaine de ne pas être française aussi ?
 ‒ Qui sait, peut-être que tu m'as imaginé française. Mais comme toi, je n'en parle pas un mot.
 ‒ Il paraît qu'ils s'embrassent sur la joue pour se dire bonjour. C'est si familier. À la bibliothèque, elle parlait calmement mais pas à voix basse. Et elle n'a pas mis ses mains devant sa bouche pour rire. Je trouve ça tellement différent.
 ‒ Pourquoi tu ne l'inviterais pas à la maison de thé un dimanche ?
 ‒ Je ne peux pas faire ça, Setsuna.
 ‒ Pourquoi ? Elle est française, elle n'a probablement pas d'amis ici. Ça pourrait être sympa.
 ‒ Mais c'est une inconnue. Ça serait déplacé de l'inviter.
 ‒ Je paris que ça se fait en France.
 ‒ Tu crois ? Tu as sans doute raison. Mais je ne peux vraiment pas faire ça. Je me sentirais trop mal à l'aise.
 ‒ Tu es si timide Manaka, c'est mignon. Mais, promets moi une chose. Si elle t'invite, accepte.
 ‒ Pourquoi veux-tu qu'elle m'invite ? Et pourquoi j'accepterai ? Et toi, que ferras-tu pendant ce temps ?
 ‒ Trop de questions Manaka. Tu es une femme charmante et très intéressante. Tu pourrais lui faire découvrir Kyoto. Et moi, je garderai un œil sur toi !
 ‒ Parfois j'ai l'impression que tu me pousses à voir du monde pour être libérée de moi, avouais-je tristement.
 ‒ Oh non Manaka, pas du tout. Mais, ça te permettrait de partager quelque chose, avec quelqu'un de ton monde, quelque chose que tu pourrais raconter à tes parents le week-end. Ils seraient heureux pour toi. Tu n'es pas obligée, mais penses y.
 ‒ Si elle m'invite, j'y réfléchirai. Mais je ne promets rien.
 ‒ Parfait ! Et sinon, que dirais-tu de se faire livrer le repas ce soir ? Je crois que toi comme moi n'avons pas envie de préparer le dîner.
 ‒ C'est une excellente idée ! Répondis-je en souriant.
 Setsuna est merveilleuse. Elle me connaît si bien, et me comprend sans que je ne lui dise rien. Je ne vois vraiment aucune raison de rencontrer du monde. Jamais je ne trouverai une personne comme elle, jamais. C'est une harmonie si grande entre elle et moi, que je ne peux y renoncer, non, vraiment, c'est impossible.
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Louize

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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Mar 27 Déc - 21:00

Hello Yuna Sama,
J'aime beaucoup ton histoire! j'ai hâte de connaitre la suite ! Aplause
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Yuna-Sama

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MessageSujet: Re: Et si c'était un rêve? ( Romance )   Ven 30 Déc - 17:37

3.


 Durant toute la semaine qui a suivi ma rencontre avec mademoiselle Guérin, j'ai attendu que son livre soit rendu, mais le lundi matin, l'homme qui a emprunté le livre en question a téléphoné pour demander un délai supplémentaire avant de le rapporter à la bibliothèque. J'étais obligée d'accepter sa demande, mais j'ai tout de même expliqué à ce monsieur qu'une autre personne avait besoin du livre. Il est convenu qu'il soit rendu dans deux semaines, pendant mes vacances. Je ne sais pas trop pourquoi, mais j'étais déçue. Déjà que l'idée de prendre un congé ne me plaît guère, mais en plus, je ne pourrai pas donner le livre à la française. Elle qui semblait si différente.
Le mardi, à une heure où il n'y a personne à la bibliothèque, madame Yamamori est dans son bureau, lorsque mademoiselle Guérin arrive sourire aux lèvres tandis que je range quelques livres sur des étagères. Elle me salut poliment et me demande :
 ‒ Je suis venue voir si le livre a été rendu.
 ‒ Et bien … je suis vraiment désolée, dis-je en m'inclinant légèrement en avant. Le monsieur qui l'a emprunté a demandé de le garder deux semaines de plus. Mais je lui ai bien expliqué que vous en aviez besoin.
 ‒ Deux semaines.
 ‒ Si ce délai est trop long, je vous conseille d'aller à l'office de tourisme. Je suis certaine qu'ils ont ce que vous cherchez.
 ‒ Oui ils en ont, mais il faut acheter le livre. Comme je suis arrivée depuis peu, j'ai pas encore reçu mon salaire et ça ne m'arrange pas vraiment. J'attendrai donc deux semaines de plus !
 ‒ Ah oui, je comprends. Je préviendrai ma collègue afin qu'elle vous le garde de côté.
 ‒ Vous ne serez pas là ?
 ‒ Non, je serrai en vacances pendant deux semaines à partir de vendredi.
 ‒ D'accord je vois. Alors, mademoiselle …
 Elle fait plusieurs gestes des mains, puis elle reprend :
 ‒ Je peux vous demander votre nom ?
 ‒ Aoki, Aoki Manaka.
 ‒ Merci. Alors, je vous souhaite de bonnes vacances mademoiselle Aoki … elle se tait un court moment et me regarde dans les yeux avant de finir, Manaka.
 Le son de sa voix me fait l'effet d'une caresse et un léger frison me parcourt. Son intense regard d'eau paisible m'impressionne et m'intimide autant qu'il me fascine. Je suppose que ça vient du fait qu'elle est très près de moi, sans doute trop près pour les normes de politesse, pourtant, c'est agréable. Je peux sentir l'odeur de son parfum, délicat et fleuri, mais aussi robuste et cuiré. Un savoureux mélange enivrant et sensuel. Cette femme est déroutante, mystérieuse, et pourtant sa familiarité la rend abordable. Je suppose que c'est cela qu'on appelle, le charme à la française. Si beaucoup de japonais trouvent ça inconvenant, alors je ne dois pas être japonaise, car en réalité, je sens une incroyable chaleur me monter au visage et j'aime ça.
 Je remercie mademoiselle Guérin timidement puis je la regarde partir, de plus en plus déçue d'être en vacance lorsqu'elle viendra chercher le livre.
 Cette sensation est si nouvelle, aucun client ne m'a fait cet effet auparavant. Pourquoi elle. Serait-ce parce qu'elle ressemble un peu à Setsuna qu'elle m'intrigue autant, ou est-ce son côté familier, qui me donne enfin l'impression d'être vue. En plus, je dois avouer que je trouvais parfois les journées longues au travail. Je crois que j'apprécie avoir une cliente aussi différentes des autres. D'ordinaire, les gens savent ce qu'ils recherchent, et finalement, je parle peu avec eux et ça reste très impersonnel. Je me demande soudain si ce n'est pas ce côté distant des japonais qui fait que je ne me sens pas à ma place dans ce monde. Ils ne sont aucunement démonstratifs de leurs émotions et sentiments. Même Setsuna est bien différentes des japonais, et elle est le fruit de mon imagination. Cela voudrait-il dire que ce que je recherche chez les gens n'est simplement pas dans les normes que je connais, que l'on m'a appris et qui me feraient me sentir en décalage perpétuellement. Je soupire à cette réflexion, les relations sociales sont d'un compliqué.
 À la fin de la journée, je décide de faire un détour par le sentier du philosophe sur les berges de la rivière Kamo. Malgré l'hiver qui arrive, j'aime beaucoup cet endroit. Il y a moins de monde qui s'y promène et je trouve que c'est agréable lorsque l'on est songeur.
 C'était simple avant. Setsuna et moi partagions tant de bons moments, lorsque j'étais encore petite fille. Mais aujourd'hui, avec le travail et mon âge, il n'y a qu'à la maison que je peux profiter pleinement d'elle. Comme j'aimerai pouvoir lui tenir la main maintenant. Parler de tout et de rien, et surtout, ne pas me soucier du regard des autres parce qu'elle serait visible aux yeux de tous.
Je sais qu'entretenir cette relation avec elle, m'oblige à renoncer à tout ce que les gens réels font ensemble et je ne parviens pas à savoir ce qui m'incite à rester dans mon monde. Est-ce que je renonce à la réalité pour me sentir heureuse dans mon illusion, ou bien, suis-je heureuse dans mon illusion au point de renoncer à la réalité. Parce dans cette relation illusoire, le bonheur que j'y trouve est réel et ce que je ressens pour Setsuna, mon attachement à elle, l'est aussi.
 Mon amie a été présente dans chaque moment important de ma vie. Elle m'a vu pleurer de nombreuse fois, et elle m'a toujours réconforté. Elle m'a soutenu quand grand-mère est morte, quand papa est parti, lorsqu' on se moquait de moi à l'école et quand je me suis retrouvée seule dans mon appartement. Je lui ai confié tous mes secrets, toutes mes craintes, mais aussi, tous mes espoirs. Pas une seule fois elle ne m'a jugé, elle m'encourage lorsque j'ai peur et elle me félicite quand je réussis. C'est la seule. Même mes parents n'ont jamais été aussi présents. Ils sont de bons parents, mais sans doute trop japonais pour avoir des gestes aussi affectueux que ceux de Setsuna.
 Dans le fond, je sais ce qui m'effraie. Dans la réalité, tout n'est pas heureux. Les gens meurent, ou nous quittent. Et moi, je ne veux pas connaître cette peine à nouveau. D'ailleurs, je ne parviens pas à comprendre cette philosophie du détachement. La mort et les séparations font parties de la vie, oui, mais je ne vois vraiment pas comment elles peuvent amener à apprécier l'instant présent surtout si c'est pour le perdre dans celui qui suit. Comment font ces bouddhistes pour ne pas en souffrir, n'ont-ils pas de cœur. Non vraiment je ne comprends pas.
 De retour dans mon appartement, Setsuna m'accueille chaleureusement. Elle devine bien sûr mon état d'esprit, et dès la porte refermée derrière moi, sans prendre le temps d'enfiler mes chaussons, je me blotti dans ses bras. C'est si bon d'être à la maison, avec elle. J'en oublie très vite toute ces questions qui me tourmentent, car quand je suis avec Setsuna, ça ne fait que confirmer que je me sens bien. Elle comble ce vide qui me ronge lorsque je ne suis pas avec elle. Ce vide que je ressens même avec ma famille, et même au travail. La maison, Setsuna, sont mon refuge. Jamais je ne m'y sens pas à ma place et seule, c'est ici que je vis vraiment.
 Un peu plus tard dans la soirée, alors que mon moral remontait, installée sur mon canapé avec mon amie qui me tenait dans ses bras, j'ai reçu un coup de téléphone de maman. Elle qui n'appelle jamais, j'ai été surprise. Elle voulait être sûre que je viendrai la voir samedi et que je mangerai avec elle le soir. Après confirmation, elle m'a dit qu'elle était heureuse que je vienne et elle semblait impatiente. C'était vraiment très étrange car dans sa voix, j'ai sentie comme un soulagement et une grande joie. Maman me semblait différente, si maternelle et douce, comme elle ne l'a jamais été. Depuis mon anniversaire, j'ai l'impression que quelque chose a changé, mais est-ce elle ou moi, je l'ignore. Mais puisqu'elle semblait si heureuse de ma visite, j'ai prévu de m'y rendre plus tôt que d'habitude, pour profiter un peu plus d'elle. Je crois que j'aimerai développer avec elle, ce lien qui s'est fait avec mon père, et peut-être que si je faisais des efforts pour aller vers elle, ma mère serait plus affective envers moi.
 En fait, je commence à douter. Peut-être que c'est moi qui ai toujours été distante, enfermée dans ma bulle, sans laisser la porte ouverte aux autres. Je ne sais plus, je me sens perdue et fautive. Si je suis vraiment ainsi, peut-être que ma mère ne croit pas que je l'aime, et ça a peut-être ajouté de la tristesse à celle qu'elle avait déjà. Comme j'ai honte. Mais c'est décidé, je vais m'ouvrir à elle. Je veux qu'elle sache que je l'aime, même si je ne sais pas lui dire. Oui, samedi je ferrai des efforts, parce qu'elle le mérite.





4.


 Vendredi soir, je suis sortie du travail avec un peu d'entrain. J'étais vraiment décidée à passer du temps avec maman, alors pour une fois, j'ai changé mes habitudes et fais mes courses avant de rentrer à la maison. C'est fou comme les prix sont attractifs à cette heure de la journée. Tout les produits frais étaient à moins cinquante pour cent et j'ai donc décidé de prendre de quoi faire un bon dîner et pour une raison inconnue, puisque j'avais fait pas mal d'économie, j'ai acheté une bouteille de vin français.
 Puisque j'étais enfin en vacance, pendant que nous préparions notre repas, en savourant le vin, j'ai proposé de mettre un peu de musique. Avec Setsuna, je n'éprouve aucune gêne à chanter et j'adore ça. D'après elle, j'ai une jolie voix et elle pense que je me plairais dans un karaoké. Je sais qu'elle a raison, mais je suis trop timide pour oser cela. Alors je ne m'autorise à chanter qu'à la maison, puis de toute façon, je ne me vois pas aller dans un bar à karaoké seule.
 Puisque j'avais fait les courses la veille, j'ai pu me lever un peu plus tard, sans être en retard pour aller voir maman. Je suis partie vers treize heure de la maison, puis comme le temps le permettait, malgré des températures fraîches, j'ai marché jusqu'à chez elle. En chemin, je m'étais fait la réflexion que je pourrai lui rendre visite pendant mes vacances.
 Maman est employée dans une épicerie, la même depuis toujours. Nous n'avons jamais été une famille très riche, mais je n'ai jamais eu à me plaindre. Bien que mes parents travaillaient beaucoup, pour m'élever, payer mes études et mettre de côté pour mon futur mariage, qui ne viendra pas, d'un point de vu matériel, je n'ai jamais manqué de rien.
 Papa quant à lui est ouvrier dans le milieu informatique. Il travaille dans une grande usine qui fabrique des ordinateurs d'une marque très connue tandis que sa femme est infirmière à l'Horikawa Hospital de Kyoto.
 Étant tout trois de la classe ouvrière, papa et maman auraient aimé que je pousse mes études pour avoir un métier plus reconnu que bibliothécaire. Médecin, avocate ou pourquoi pas scientifique, mais ils n'ont pas cherché à me forcer. Lorsque j'ai expliqué mon choix d'orientation, ils m'ont laissé maître de mon choix. Comme dit papa, un métier c'est pour la vie. Et il vaut mieux être un ouvrier heureux qu'un cadre malheureux. Finalement, ils ont été plus compréhensifs que je ne le pensais ce qui n'enlève rien à mon sentiment de honte. Je suis sans doute peu reconnaissante des efforts qu'ils ont fait pour m'assurer un bon avenir.
 J'arrive enfin devant la maison de maman, celle où nous avons toujours vécu. Elle est assez traditionnelle. Les murs sont en bois brun, le toit en tuile sombre et devant la maison se trouve une petite cour de gravier blanc crème avec un vieux cerisier dans un cercle de pelouse. La haie qui délimite l'espace est en bambou. Quelques lanternes y sont accrochées pour la nuit et les jours de fêtes.
 Au dessus de la porte d'entrée sous le perron, est suspendu un vieux carillon en fonte. Il est orné de dragons verts, j'en saisi la corde pour prévenir de mon arrivée. Très vite maman m'ouvre la porte et m'invite à entrer. Étonnée, elle me demande :
 ‒ Tu arrives bien tôt Manaka. Tu ne peux pas rester dîner avec moi ce soir ?
 ‒ Si si, je peux maman. C'est juste que je me disais que je pouvais passer un peu plus de temps avec toi aujourd'hui. Je ne te dérange pas ?
 ‒ Non non, pas du tout. Donne moi ton manteau, je vais l'accrocher. Ta semaine s'est bien passée ?
 Tandis que j'enfile mes chaussons devant la petite marche qui donne sur le couloir de l'entrée, je réponds à ma maman qui semble curieuse :
 ‒ Très bien. Madame Yamamori m'a donné des congés. Je suis en vacance depuis hier soir, pour deux semaines.
 ‒ Ah c'est une bonne chose ! Tu pourras te reposer.
 ‒ Oui c'est prévu. Et je me disais que peut-être …
 Sur le point de faire une demande à maman, en arrivant dans le salon, je remarque plusieurs cartons. Coupée dans mon élan, je demande intriguée :
 ‒ Que fais-tu avec ces cartons maman ?
 ‒ Je fais un peu de rangement. Mais je n'ai pas touché à ta chambre. D'ailleurs, si tu es vacances, tu pourrais venir à la maison pour prendre quelques affaires que j'ai mis de côté pour toi. Ce sont des vieilleries, dans notre famille depuis longtemps. J'ai pensé que tu aimerais les avoir chez toi.
 ‒ Oui, bien sur … répondis-je avec toujours autant de surprise. D'ailleurs pendant mes vacances, je me disais que je pourrais venir te voir.
 ‒ Bien sûr Manaka. Tu viens quand tu veux. Je quitte le travail plus tôt maintenant.
 ‒ D'accord, je viendrai.
 ‒ Je demanderai à ton père de venir avec sa voiture pour transporter les cartons, ça sera plus simple. Puis il pourra t'aider à les porter jusqu'à ton appartement. Trois étages à monter, je ne voudrai pas que tu te fasses mal au dos.
 Quelque chose à définitivement bien changé. Maman est si douce et prévenante, j'en perds mes mots. De plus, elle va elle-même téléphoner à mon père, elle qui avant mon anniversaire encore ne lui parlait jamais en dehors de ce jour qui les réunit. J'arrive à peine à y croire.
 Durant l'après-midi, nous sommes restées dans le jardin derrière la maison. Nous avons bu plusieurs thé en discutant, comme une mère et sa fille le font. Pour moi, bien que ce fût nouveau, je me suis vite sentie à l'aise. Nous avons même ri ensemble. Je n'ai pas le souvenir que ce soit arrivé souvent, voir même très rarement. Qu'est-ce que c'était agréable.
 Ensuite nous avons dîné. Maman avait préparé un délicieux repas qui avait sûrement mijoté depuis la veille. Je me suis régalée et puisque nous n'avons pas arrêté de discuter, j'ai fini par parler de ma cliente française. Je lui ai raconté ses manières un peu familières qui font horreur aux japonais. Ça l'a beaucoup amusé, puis elle m'a expliqué que tout les japonais n'étaient pas si fermés. C'est vrai que les étrangers n'ont pas très bonne réputation, mais visiblement, ça n'est pas le cas de ma maman. Elle m'a étonnée plusieurs fois en me disant qu'elle aurait adoré visiter Paris au moins une fois dans sa vie.
 Juste avant de partir, alors que la nuit est tombée depuis plusieurs heures, elle me sert dans ses bras en me remerciant pour ma visite. J'enfile mon manteau en lui disant :
 ‒ Alors je repasse la semaine prochaine ?
 ‒ Oui, oui, avec grand plaisir Manaka. Et surtout fais attention en rentrant.
 ‒ Oui maman. Bonne soirée.
 J'ai pris le bus pour rentrer chez moi, en repensant à cette journée avec maman. J'ai perdu tant de temps avec elle et aujourd'hui je me rends compte que cette relation m'a manqué. Peut-être étais-je trop dans ma bulle, et je vais vraiment veiller à lui accorder plus de temps. J'ai même hâte de retourner chez elle.
 Mes trois étages montés, je referme la porte  en retirant mes chaussures. Bien que je n'ai pas fait grand chose de ma journée, je suis fatiguée, tellement fatiguée que je me prépare vite pour aller me coucher. Mais soudain l'horreur me frappe. Je m'écris presque en larme :
 ‒ Setsuna !
 Je file dans mon salon, la peur au ventre, quand elle sort de la chambre les yeux endormis. Je me jette dans ses bras en lui disant :
 ‒ J'ai cru que tu étais partie, Setsuna !
 ‒ N'ai pas peur, Manaka. Tu n'es pas encore prête.
 ‒ Je ne le serai jamais, Setsuna, jamais.
 Mon amie ne dit rien, sa main caresse mon visage avec douceur et je me sens aussitôt rassurée. Je m'excuse de l'avoir réveillée, puis nous allons nous coucher ensemble. Avant de fermer les yeux, je lui dis :
 ‒ Demain, on passe la journée seule, d'accord ?
 ‒ Oui, Manaka.







5.


 Les vacances sont une bonne raison de se lever plus tard et ce matin, le réveil indique un peu plus de neuf heure lorsque j'émerge lentement de mes rêves. Je me tourne pour trouver les bras de Setsuna qui a les yeux encore fermés. Depuis le soir où je suis rentrée de chez maman en pensant qu'elle était partie, je suis plus que jamais soucieuse. J'ai si peur de la perdre.
 Tandis que mes yeux admirent son doux visage d'ange, sa voix perce le silence :
 ‒ Tu as bien dormi, Manaka ?
 J'affirme que oui de la tête tout en me blottissant encore plus contre elle. Je caresse ses longs cheveux dorés, encore plus ondulés par la nuit puis je lui demande :
 ‒ Un petit déjeuner ? Je prépare tout pour toi.
 ‒ Oui, comme tout les jours, dit-elle en baillant.
 ‒ Mais j'aime bien m'occuper de toi Setsuna. Ça ne me dérange pas de faire le petit déjeuner.
 Elle ne répond rien, mais je comprends son silence. Ce matin, elle est différente. J'ai le sentiment que quelque chose la tourmente, et ce n'est pas dans ses habitudes. En fait, à y réfléchir, Setsuna n'est jamais triste. Elle est ouverte et positive contrairement à moi.
 J'évite la conversation que je pressens difficile et sors du lit. J'enfile une rode de chambre avant d'aller dans la cuisine, puis je commence à faire bouillir l'eau du thé. Pendant ce temps, j'en profite pour aller me laver le visage dans la salle de bain. Devant mon lavabo, mes yeux se perdent sur le verre dans lequel je range ma brosse à dent bleue. Je n'en compte qu'une, et cela me désespère un peu. La voix de Setsuna derrière moi me surprend :
 ‒ J'en ai pas besoin.
 ‒ Je ne te comprends pas ce matin. Qu'est-ce qui se passe, Setsuna ?
 ‒ Rien, je ne fais que dire la vérité.
 ‒ Je n'aime pas ta vérité.
 ‒ Je sais, mais si j'y pense, c'est parce que tu y penses Manaka.
 Je ne trouve rien à répondre. Elle a raison, mais ça ne veut pas dire que je regrette, ou que je suis triste avec elle. Ce que je voudrais, c'est qu'il y ai sa brosse à dent avec la mienne dans ce verre. Ce que je voudrais c'est que parfois elle me fasse la surprise de préparer le petit déjeuner. Ce que je voudrais vraiment, je finis par lâcher au bord des larmes :
 ‒ Je voudrais juste que tu sois réelle.
 ‒ Je sais Manaka. Pardonne moi d'avoir dit tout ça.
 Si j'ai réussis à donner en partie vie à une personne, si j'y crois encore plus fort, pourrait-elle prendre vraiment vie. Peut-être que si je lui laisse encore plus de place, alors peut-être que, Setsuna vivra. Dans mon élan, je sors une nouvelle brosse à dent de couleur verte du placard sous l'évier et je la dépose dans le verre avec la mienne. Voilà qui ne me désespérera plus. Je me tourne vers Setsuna qui me dévisage. Je ne suis pas certaine de reconnaître ce regard d'eau trouble. Pour la première fois de ma vie, avec elle, j'ai honte de moi. J'entends la bouilloire siffler, mes yeux fuyant les siens, je retourne à la cuisine.
 Nous avons prit le petit déjeuner dans un silence pesant et j'étais presque contente de passer la journée hors de la maison. Setsuna semblait si désespérée de me voir réagir ainsi ce matin, que j'y ai pensé tout le long du trajet dans le bus jusqu'à chez ma mère. Lorsque je suis arrivée, dans la maison de mon enfance, maman était heureuse de ma venue. Nous avons d'abord prit un thé ensemble, puis nous avons commencé à faire du rangement.
 C'est fou comme de petites choses peuvent vous faire remémorer des grands moments. J'ai retrouvé de nombreux dessins que j'avais fait étant petite, ainsi que quelques cadeaux faient main pour les fêtes des mères. Dans le salon, je tombe soudain sur un vieil album photo dont je n'ai aucun souvenir. Lorsque je l'ouvre, je découvre avec surprise, ma mère, plus jeune que je ne le suis. Elle semble très heureuse sur ces photos, mais un détail me frappe, mon père n'y est pas. Quelques clichés plus loin, je comprends pourquoi.
 Une des photo montre ma mère avec un homme, l'un contre l'autre comme un couple, en pleine saison des cerisiers en fleurs sur le sentier du philosophe. Je comprends soudain pourquoi ma mère apprécie les étrangers, car l'homme qui est sur la photo n'est pas japonais. C'est un grand blond, mince mais légèrement musclé, il est tout l'inverse de mon père. Tandis que je réfléchis à leur histoire, la voix de maman me dit avec douceur et mélancolie :
 ‒ J'avais dix-sept ans.
 Je m'excuse d'avoir regardé l'album, mais elle reprend :
 ‒ Je ne t'en veux pas, Manaka. Je crois qu'il est temps de te parler un peu de moi. L'homme sur la photo s'appelle Franck, Franck Duval. C'était un jeune étudiant en médecine, qui était venu au Japon pour apprendre de nouvelles techniques médicales.
 Je m'installe par terre, à genoux devant maman qui est assise sur un fauteuil puis je l'écoute me raconter son histoire, ses yeux se remémorant chaque moment comme si elle y était. J'apprends que ce monsieur français faisait chaque jour une promenade le long du sentier où a été prise la photo, tout comme maman. Petit à petit, à force de se croiser, l'homme l'a invité à marcher avec lui. C'était devenu leur rendez-vous quotidien après leur cours.
 Maman m'explique qu'il était très cultivé, poli, courtois et même romantique. Elle ajoute en souriant :
 ‒ Le romantisme français.
 Plus le temps passait, et plus ils devenaient proches, puis maman connu son premier baiser. Elle se tait un court instant, parcourue par un frison, puis elle reprend, la voix chargée de tristesse :
 ‒ Lorsque j'ai parlé de Franck à mes parents, mon père est monté dans une colère noire. Totalement contre cette relation, il m'a interdit de le revoir. Ton grand-père, qui avait connu la guerre, n'aimait pas les français. J'ai tenté de lui expliquer que Franck était quelqu'un de bien, mais mon père ne voulait rien savoir.
 Pourtant, malgré l'interdiction de mon grand-père, maman a continué de voir ce monsieur. Elle l'aimait si fort qu'elle ne pouvait pas se résigner à l'oublier. Malheureusement, leur relation interdite fût découverte et mon grand-père prit une décision pour y mettre fin. Maman reprend :
 ‒ Je n'ai peut-être pas aimé ton père comme j'ai aimé Franck, mais je lui serais éternellement reconnaissante de m'avoir offert la joie d'être ta maman, Manaka.
 Je comprends dans ses mots que maman a été forcée d'épouser mon père, et même si je l'aime de tout mon cœur, je comprends pourquoi elle a toujours été aussi triste. Je suis en colère qu'on l'ai obligé à renoncer à son amour. Au fond, ça a gâché sa vie et j'en ai les larmes aux yeux.
 Maman se rapproche de moi et pose sa main sur ma joue :
 ‒ Ton père était un bon mari. Il a toujours été respectueux envers moi, et il m'aimait. La seule responsable de toutes ses disputes, dont tu as été témoin, c'était moi.
 ‒ Mais … c'est si cruel de t'avoir obligé à épouser quelqu'un d'autre.
 ‒ Pour te dire la vérité, c'est moi qui ai fini par accepter. Franck m'avait proposé de rentrer en France avec lui. Il était près à attendre mes vingt-et-un ans, mais … son visa d'étudiant expirait, et ça voulait dire, que nous devrions être séparés pendant encore trois ans. J'aurai attendu, mais je ne voulais pas le priver de sa vie. Puis j'ai eu peur.
 Maman avait peur qu'à ses vingt-et-un an, Franck l'ai oublié. Elle ne s'imaginait pas renier sa famille, quitter son pays, pour se retrouver seule en France. Honteuse, elle ajoute avec douleur :
 ‒ Je n'ai jamais dit au revoir à Franck. Aucunes nouvelles, jamais. Je suis passée volontairement à côté de l'amour par peur de souffrir. Manaka … ne fais pas comme moi. Je sais que nous t'avons donné une bien triste vision de l'amour. Mais il est si beau lorsqu'il est partagé, qu'il vaut tout les risques et même certaines peines. Pleurer pour un amour perdu est plus heureux que de pleurer parce qu'on ne l'a pas vécu.
 Touchée par ses mots, par son histoire, je me blottis dans les bras de maman. Je sens la chaleur de son amour me réchauffer, ça me rassure. L'odeur de son discret parfum me rappelle des souvenirs. Malgré sa tristesse et ses silences, elle m'a toujours bordé le soir, elle soignait mes bobos et elle me soutenait toujours devant mes professeurs. Je me rappelle d'une année, où elle avait été convoqué. J'attendais derrière la porte de la classe qui était restée légèrement entrouverte. Mon professeur s'inquiétait de la solitude dans laquelle je m'étais enfermée, et il m'avait surpris à parler avec Setsuna. Oui, je me souviens de la réaction de maman ce jour là. Elle avait employé un ton sévère pour expliquer à mon professeur que je n'étais pas une petite fille folle, mais exceptionnelle. Que mes longues heures de lecture m'avaient ouvert les portes d'un univers imaginaire très grand et elle avait finit par déconseiller à mon professeur, toujours avec autant de sévérité, de faire un rapport sur mon comportement. Sa dernière phrases juste avant de sortir de la classe m'avait fait froid dans le dos. « En chaque mère veille un dragon prêt à défendre son enfant. »
 Après cet instant de complicité où maman s'est confiée à moi, nous avons repris le rangement, puis papa est arrivé après son travail pour m'aider à ramener quelques affaires chez moi. Le pauvre, il a tenu à monter les cartons tout seul, et une fois le dernier déposé dans mon salon, il a fait un faux mouvement et il est reparti avec un gros mal au dos.
 Le reste de la soirée, j'ai repensé aux confessions de ma mère tandis que je déballais les cartons. Je me sentais bien, mais Setsuna a fait une remarque qui m'a laissé perplexe :
 ‒ Pourquoi ta mère tient tant à ce que tu prennes toutes ces vieilleries maintenant ?
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